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Réforme de l'ortografe par Jean-Claude Kandel

                        Réforme de l'Orthographe – Pour un front du refus

 

J'ai récemment trouvé dans la presse un compte rendu des travaux du Conseil
d’Etat mentionnant la nomination d'une préfète.
Aïe ! Mon sang n'a fait qu'un tour et, mettant ainsi un terme à plusieurs années
de clandestinité, j'ai décidé de faire mon coming-out : je préside en effet un front du
refus de la réforme de l'orthographe (Phront du Rephut de la Réphorme de
l'Ortografe, PRRO) qui milite activement pour la protection et la survie d'espèces
menacées comme le subjonctif, les accents circonflexes et les traits d'union et pour
le maintien d'une langue française dans sa pureté originelle (ou peu s'en faut). Le
PRRO guerroie à l'occasion contre certaines menées québécoises qui cherchent à
imposer des vues simplificatrices à leur langue d'origine et osent publier des
dictionnaires réformateurs au nom de la modernité - pouah ! - et contre les réformes
proposées ici-même par diverses instances qui se sont vues rapidement débordées par
les initiatives des media. Ces réformes ont leurs détracteurs. J’en suis un.
Car, au fond, pour la fonction de préfet attribuée à une personne du sexe, qui
décida que ce serait préfète plutôt que le primesautier préfette ? Et qui, d'ailleurs, a
choisi, ici et là, de nommer une déchetterie une déchèterie et inversement ?
L’orthographe française est régie essentiellement par une combinaison de
traditions et de règles d’écriture et grammaticales découlant les unes des autres avec
occasionnellement l’intervention d’instances régulatrices ou normatives, François 1er,
Vaugelas, l’Académie, Littré, Robert, etc. Les influences que la langue subit viennent
d’une part de la pratique populaire et de l’influence de la littérature et de leur
évolution progressive au cours du temps, auxquelles s’adaptent les instances
normatives. L’orthographe et la grammaire sont donc évolutives mais elles évoluent de
l’intérieur et non – jusqu'à une période récente - sous l’influence de normes imposées
au nom de la réforme, du modernisme ou du féminisme.
Au total, la langue écrite est une expression de la culture, un monument qui
comporte ses beautés et aussi ses fioritures utiles ou inutiles mais contribuant à son
identité et qui se transforme lentement et sans à-coups.
Si l’on se réfère à la seule population française, aujourd’hui, on peut estimer
que sur les quelques 60 à 65 millions de locuteurs, 70 % ont achevé leurs études et
appris – plus ou moins bien – l’orthographe non moderne et les règles de grammaire qui
vont avec, ce qui est d’ailleurs le cas de quelques dizaines de milliers de professeurs
de français. Ceux-là ne vont pas apprendre de nouvelles règles. Moi non plus.
Le français a ses règles et s’en affranchir est la porte ouverte à l’anarchie
orthographique ou grammaticale. Ainsi, il n’y a que deux genres, masculin et féminin,
ce qui fait que le neutre au sens où le mot ne désigne pas une personne ou un animal
est inexistant et s’exprime indifféremment par le féminin ou le masculin : un tracteur,
une brouette... Docteur, fonctionnaire, médecin, écrivain, préfet, sont des fonctions
de genre grammatical masculin exercées par des personnes (genre grammatical
féminin) des deux sexes, qu'il n'y a pas lieu – selon le PRRO - de féminiser ; et il
existe de rares fonctions traditionnellement, sinon spécifiquement, masculines comme
estafette, vigie ou sentinelle qui sont de (genre grammatical féminin). Un enfant mâle
est un enfant, un enfant femelle est une enfant. A titre d'exemples : « la vigie, un
enfant (ou un matelot de première classe), est agrippée à la hune ; La sentinelle, un
grand soldat barbu est réveillée ; l'estafette, un gendarme motocycliste, est
frigorifiée ; cette personne, un beau jeune homme, fut surprise… etc.….
Quelques cas particuliers comme les sages-femmes et les prud'hommes
trouveront à terme des solutions élégantes pour l'exercice de la fonction par le sexe
opposé...
Le français possède trois cas, le singulier, le pluriel et l’invariable et la règle
est d’accorder le genre de l’article et de l’adjectif avec celui du substantif : le beau
mari, la belle épouse. Ainsi une médecin ou la maire sont des barbarismes grossiers
puisque médecin et maire sont des substantifs masculins et j’ai récemment lu dans la
presse une haut fonctionnaire, mais on s’habitue déjà – mais pas le PRRO - à docteure,
écrivaine, sous-préfète – pouah ! - et commandante (à la rigueur) (et à
schtroumpfette ?), que nous imposent les media (média ou médiums) écrit(e)s, de
sorte que chacun puisse se sentir libre de créer les mots qui lui conviennent selon sa
fantaisie et s’asseoir sur les règles.
Certes, la réforme soutenue par les francophones du Canada a aussi pour but de
résister à l’envahissement de l’anglais. A cette fin, selon le PRRO, il ne faut pas
nécessairement intégrer les acquisitions étrangères de la langue en les francisant ou
en les traduisant mais au contraire mettre en valeur leur caractère étranger (avec
éventuellement des italiques). Ainsi football (qui se dit d’ailleurs soccer en anglais…,
ah! ah !) plutôt que foutebol (ou fùtbol en espagnol) et rocker plutôt que rockeur ou
roqueur et vade-mecum plutôt que vademecum, vadémécum ou vadémécom ou
vadémécoum.
Néanmoins, notre maître Jacques Perret opine que le génie des langues est
également d’absorber et de façonner les mots étrangers et qu’il n’y a pas lieu de
conserver à toute force leur orthographe initiale. Il cite paletot (du néerlandais
paltrock, robe de cour, ou redingote, de riding coat) et propose par une extrapolation
- encore en discussion au sein du PRRO - de franciser ou traduire par exemple tous
les termes d’origine anglaise du yachting (plaisance) : ouinche, yac et yacmane, stiourt,
quèche, coquepite, etc… mais écrit néanmoins qu’ « il serait bien sot de n’écrire ou
articuler aucun mot ou locution de langue étrangère. Il y a des cas où la probité oblige,
sinon la courtoisie. Il s’agit en l’occurrence d’une espèce de nom propre ou de marque
déposée qu’il n’y a pas lieu de modifier ni urgence à franciser et je ne suis pas plus
gêné pour écrire un bateau de type sea-bird que pour dire une fille de type Rita
Hayworth, un soupirant du modèle group-captain, une police de style Scotland Yard ou
une diplomatie de l’école western. »
Les mots composés n’ont pas de règle bien définie mais beaucoup de ceux
composés d’un verbe et d’un substantif ou de deux substantifs s’identifient à leur
trait d’union (qui unit les composants). En général, ceux composés d’un substantif et
d’un préfixe (autodérision, néoréalisme, extraordinaire...) n’ont pas de trait d’union,
mais – exception - la suppression du trait passerait mal dans antiinduction ou
archiimportant (eugraphie pas respectée...), par exemple.
La beauté de la règle, avec le trait d'union, est qu’il n’y a pas de règle unique
mais des règles multiples à connaître et le PRRO milite pour la conservation de cette
diversité. Exemples : un arc-en-ciel, des arcs-en-ciel qui se prononce arkanciel au
pluriel, c’est sa règle ; coffre-fort, s’entre-dévorer, porte-plume, cache-pot
(invariable) couvre-lits, coupe-file (inv.), serre-files, serre-tête (inv.), couvre-chefs....
Le trait d’union est une spécificité du français et cette diversité constitue
une grande richesse de la langue comparable à celle que l’on confère à la biodiversité
ou aux couleurs ; ne faisons pas disparaître tout ce qui est riche en nombre et
compliqué ou qui gêne et ne peignons pas tout en gris.
KK
10/2016

 

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jeanclaudekandel.kandel@gmail.com


Commentaires sur l'orthographe


L' Escontid ou feu follet par Joseph Carrière


La chauve-souris par Joseph Carrière


La grand-mère du Lot par Luce Papon


La lune et ses influences par Joseph Carrière


Hélène Cruelles championne de France, Club Castelnau Vol libre (Floirac)


La compagnie du Po dite Compagnie d'Orléans par Pierre Bonnet-Madin


RANDO D’ETE AUX SOURCES DE LA GARONNE
par Michel Jamme

Le torride mois de juin 2003 m’a donné envie de vous inciter à découvrir les plus hautes terres de notre Région Midi-Pyrénées, tout là-bas au sud, jusqu’en Espagne où plusieurs « Rios Garonas » donnent naissance au fleuve Garonne dont nous allons rechercher les origines.
Ce faisant nous aurons l’occasion d’aborder les derniers glaciers permanents de la Haute Montagne de l’Aneto et de la Maladetta d’où est issue la plus importante part des eaux du fleuve naissant.[...]

 

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Rando d'été aux sources de la Garonne
par Michel Jamme
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LE VOYAGE A SAINT-GEORGES DE DIDONNE
par Michel Daubet

Notre maître, monsieur Chambaud, était soucieux de nous ouvrir les yeux sur le vaste monde. Il organisa un voyage scolaire de trois jours à Saint-Georges de Didonne.

Le but était évidemment de nous faire découvrir la mer, ou, en tout cas, le début de la mer, car, c’est vrai, Saint-Georges de Didonne est encore situé dans l’estuaire de la Gironde. Sachez à ce propos que la Gironde est un bras de mer dans lequel se jettent la Garonne et la Dordogne et que, contrairement aux affirmations de certains géographes mal informés, la Dordogne n’est pas un affluent de la Garonne. Pas du tout. La Dordogne est assez grande pour se jeter dans la mer toute seule.[...]

 

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Le voyage à Saint-Georges de Didonne
par Michel Daubet
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METEO D'AUTREFOIS
par Joseph Carrière


On ne peut parler des activités de nos anciens, en relation avec le temps; sans introduire un élément d'influence : il s'agit de la lune. Divinisée sous divers noms dans les civilisations anciennes, elle était l'image de la représentation de la vie : elle naissait, grandissait, devenait adulte, vieillissait puis mourait.

Par cette ressemblance avec l'homme, on lui attribuait, au Moyen-Age, une influence sur les êtres vivants. Par extension, son pouvoir était supposé intervenir dans les phénomènes atmosphériques, et particulièrement sur la pluie, nouvelle lune et quartiers étant mis à contribution pour justifier un changement de temps.

A l'époque actuelle de nombreuses personnes croient à cette influence en la confondant avec celle qui provoque les marées, due à un phénomène d'attraction des astres, lune et soleil, associé à la rotation propre de la terre.
Nous ne sommes plus à la fin du siècle dernier. Nous savons maintenant que la pluie et le beau temps sont répartis un peu partout. La carte du temps sur votre téléviseur vous permet de vous en rendre compte : deux régions voisines peuvent avoir des temps différents un même jour, donc à la même lune.

C'est à vous de réfléchir sur le renseignement qu'on vous donne. N'avez-vous pas été surpris que les météorologistes ne vous parlent jamais de la lune ? Depuis 65 ans, à Floirac, le pluviomètre me donne un élément d'appréciation.
Bien plus tôt, en 1929, à l'E.P.S. de St Céré où les pluies étaient régulièrement enregistrées, la question fut posée au professeur de sciences. D'après un relevé de pluie sur la ans, jour par jour, un graphique tilt établi par le professeur et les élèves intéressés. Résultat : aucune influence significative de la lune.

Il y a une vingtaine d'années, pour répondre à une demande d'une publication d'astronomie populaire, je fis le même travail pour la période du 28-12-1970 au 31-12-75.
Résultat : le graphique ne révèle aucune influence significative. Ma conclusion peut contrarier quelques lecteurs, mais personnellement je me contente de résultats qui, eux, sont indiscutables.

Qu'en est-il ailleurs ? Si un courageux veut s'atteler à semblable travail sur une période de 10 à 15 ans, je tiens mes registres à sa disposition. (octobre 97)


HALLOWEEN
par Claude Fertray


Halloween Les horribles citrouilles en forme de têtes de sorcière, éclairées de l'intérieur par une bougie, sont maintenant sur le tas d'ordures. Ce fut bien amusant, effrayant même, mais sait-on d'où vient cette mode ?

Le nom de Halloween est d'origine anglaise, une corruption de Hallows Eve, et signifie « la veille de la Toussaint ».
Cette journée remonte au 7ème siècle, au pape Boniface IV, qui la créa pour honorer les saints, trop nombreux pour figurer sur le calendrier, qui ne pouvaient être honorés le jour de la Toussaint (All Hallows Day, dans son étymologie anglaise).[...]

 

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Halloween
par Claude Fertray
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LES CHEMINS DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
par Michel Jamme


Il est opportun d'évoquer Saint Jacques de Compostelle en cette année 2004 pour la raison essentielle suivante : le 25 juillet 2004, jour de St Jacques, tombant un dimanche, c'est la condition incontournable pour que l'année tout entière soit déclarée Année Sainte de Grâce et de Rémission ou Année Jubilaire.[...]

 

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Les chemins de Saint Jacques de Compostelle
par Michel Jamme
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IRIDOMYRMEX HUMILIS
Enquête sur une petite fourmi très envahissante
par Anne-Marie Daubet


Classe des arthropodes, ordre des Hyménoptères, famille des Formicidés qui compte plusieurs milliers d'espèces... Pour nous, ce sont tout simplement « les fourmis », ces minuscules fourmis dites d'Argentine, au joli nom savant d'Iridomyrmex humilis, qui empoisonnent nos étés dans certaines quartiers de Floirac.[...]

 

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Iridomyrmex Humilis
Enquête sur une petite fourmi très envahissante
par Anne-Marie Daubet
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DES JOUJOUX PAR MILLIERS...

par Michel Manson


C'était le soir de Noël de l'année 1823. Les boutiques de la grand-rue de Montfermeil étaient « tout illuminées de chandelles brûlant dans des entonnoirs de papier », ce qui produisait

« un effet magique », et, dans la dernière de ces boutiques, en face de la gargote des Thénardier, le marchand avait placé, sur un fond de serviettes blanches et de bimbeloterie reluisantes, « une immense poupée haute de près de deux pieds, vêtue d'une robe de crêpe rose, avec des épis d'or sur la tête, de vrais cheveux et des yeux en émail.»[...]

 

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Des joujoux par milliers...
par Michel Manson
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QUAND NOEL COMMENCE LE 1ER DECEMBRE

par François Jamme


Si vous traversez la Suisse, l'Alsace, l'Allemagne ou certains pays nordiques, ne soyez pas étonnés de voir les habitants ouvrir leurs volets à la nuit tombée: ils préparent Noël dès le 1er décembre en transformant leurs fenêtres en de gigantesques calendriers flamboyants. Bienvenue au pays de l'Avent, des marchés de Noël, du pain d'épices et du vin chaud, une contrée d'effluves, de gourmandises et de saveurs sans cesse renouvelées.[...]

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Quand Noël commence le 1er Décembre
par François Jamme
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LA CRECHE ET LES SANTONS

par Janine Baurès

La terre finit sa révolution annuelle autour du soleil et Noël s'annonce de nouveau, période de joie, d'espoir et de lumière.
Les crèches sortent des cartons ou des greniers et la grande fête des santons peut commencer : cette coutume ne date pas d'aujourd'hui. Au XIIIe siècle, plus précisément en décembre 1224, au cours de la messe de Noël dans une forêt des Abruzzes, en Italie, Saint-François d'Assise met en scène pour la première fois une crèche vivante de cinq personnages. [...]

 

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La crèche et les santons
par Janine Baurès
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PREPARATIFS DE NOEL

par Claire Granouillac

Dès novembre, on commence à préparer Noël Au XIXème siècle, qu'elle soit de la ville ou des champs, riche ou pauvre, chaque famille s'organisait, selon ses moyens, pour garnir sa table des mets les plus appétissants. Lors de ces réjouissances, l'abondance et la variété des mets prévalaient, tout comme aujourd'hui. [...]

 

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Préparatifs de Noël
par Claire Granouillac
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PAROLE DE NOS ANCIENS
Poisson d'avril par Joseph Carrière


Il y a soixante dix ans, Jacquot et sa femme, la Jacquote, habitaient une vieille maison, près de la place, à l'emplacement où récemment a été construite celle de Gaston Lavaur.
Ils étaient des vieillards encore assez alertes mais qui ne travaillaient plus et vivaient chichement d'une petite retraite ouvrière, lui, rendant quelques menus services à ses voisins et elle, faisant quelques tricotages. « Ils n'avaient rien inventé », disait-on.[...]

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Parole de nos anciens
Poisson d'avril par Joseph Carrière
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LE VENT D'AUTAN ET LES ASCENDANCES

par Françis Jamme

 

Le Lauragais, jusqu'à Toulouse, et le Tarn, sont le pays du vent d'autan, qui souffle du sud-est. Il est le maître de la région comme l'est le mistral dans la vallée du Rhône et en Provence ; à Castelnaudary et à Bram on l'appelle le marin, mais son domaine ne se limite pas aux collines molassiques du Seuil de Naurouze (limite de partage des eaux entre la Méditerranée et l'Atlantique, à quelques kilomètres de Castelnaudary) car son souffle se fait sentir jusqu'à Rodez, Cahors, Agen et Auch. Certains jours, une agitation de l'atmosphère à Floirac fait même dire à certains « que l'autan doit souffler à Graulhet ». Il atteint toutefois sa vitesse maximale aux alentours de Castres, Revel et Saint-Félix-Lauragais. Les présentations faites, passons à l'explication technique.[...]

 

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Le vent d'Autan et les ascendances
par Françis Jamme
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